Les premières réglementations en matière de sécurité des aires de jeux
La prise de conscience des risques avant les années 1980
Avant les années 1980, les aires de jeux étaient souvent conçues sans cadre réglementaire précis. Les matériaux utilisés pouvaient être inadaptés, les hauteurs de chute non contrôlées, les sols amortissants inadaptés voire inexistants, et l’entretien des équipements laissé au hasard. Cette absence de cadre normatif entraînait un grand nombre d’accidents, allant de simples écorchures à des blessures plus graves.
Les premières études sur la sécurité des aires de jeux ont montré un taux élevé d’accidents, principalement liés aux chutes et aux chocs contre des éléments rigides. Aux États-Unis, dès les années 1970, plusieurs rapports ont alerté sur ces dangers, poussant l’Europe à réfléchir à des solutions pour encadrer ces espaces de manière plus stricte.
Face à la montée des préoccupations des associations de parents et des professionnels de la petite enfance, la nécessité d’un cadre réglementaire a commencé à émerger. Plusieurs études ont démontré que des normes adaptées pouvaient significativement réduire les risques d’accidents, incitant ainsi les autorités à mettre en place des premières directives.
L’émergence des premières normes françaises
En réponse à ces enjeux, la France a été l’un des premiers pays européens à établir des normes spécifiques pour les aires de jeux. En 1988, les normes NF S54-201 et NF S54-202 ont été introduites, définissant les premières exigences de sécurité pour les équipements de jeux et les toboggans. Ces normes visaient à garantir :
- L’absence de parties saillantes pouvant causer des blessures.
- Une hauteur de chute limitée avec des sols amortissants.
- Des matériaux sûrs et non toxiques.
L’AFNOR (Association Française de Normalisation) a joué un rôle central dans l’élaboration de ces premières règles, en concertation avec des fabricants d’équipements, des collectivités et des experts en sécurité.